L’hyper sexualisation dans les médias
10 06 2008Dans un rapport publié hier, le Conseil du statut de la femme blâme les médias pour l’échec de la lutte contre les stéréotypes sexuels et sexistes. Ce qui m’intéresse dans cette prise de position, c’est qu’encore une fois on rend les médias responsable d'un problème qu’ils n’ont pas créé.
Blâmer les médias pour l’échec de la lutte aux stéréotypes c’est laisser entendre qu’ils ont pour mission de les combattre. Par extension, c’est comme si on demandait aux médias de condamner tous les phénomènes que combattent les groupes de pression, les syndicats, les organismes gouvernementaux et paragouvernementaux, etc. Les médias devraient condamner le salaire minimum trop minimum, la mondialisation, le capitalisme et le néo-libéralisme, le manque de logements sociaux, etc. Ce n’est pas leur mission. Les médias existent pour informer la population sur l’état de la société dans laquelle elle vit. Ils sont un reflet de la réalité. Je dis un reflet parce que leur diversité nous permet d’appréhender le réel sous différents angles. C’est pour ça qu’il est essentiel de promouvoir la diversité et de limiter la convergence pour sauvegarder la multiplicité des points de vue. La plupart des médias n’ont pas de ligne éditoriale et ne prennent pas position. On peut le regretter, mais nous ne vivons pas en France où les médias, spécialement les médias écrits, sont orientés politiquement. Par contre, on y gagne probablement en neutralité. Les médias n’ont pas créé Internet où les adolescents peuvent trouver sans même les chercher des images pornographiques. La plupart des sites de partage de fichiers qu’ils consultent ont des sections pornos complètement ouvertes et gratuites. Ce ne sont pas les médias qui vendent des g-strings dans les boutiques. Ils n’ont pas non plus décrété que les mannequins engagés par les créateurs de mode devaient avoir l’air d’adolescentes décharnées. On pourrait accuser les médias de participer à amplifier ces phénomènes en les exposant. Mais préférons-nous une presse libre de rendre compte de toutes les réalités y compris les moins plaisantes pour certains ou une presse autocensurée soumise à tous les dictats du politiquement correct? Ce ne sont pas tous les jeunes qui vivent sous l’influence des stéréotypes sexistes. Une étude menée par deux chercheurs de L’Université Laval a révélé que ceux qui n’adhèrent pas aux modèles sexuels dominants ont de meilleurs résultats scolaires que les autres. Généralement de bons résultats scolaires coïncident avec un environnement familial propice au bon développement de la personnalité et de l’estime de soi. Ce ne sont pas les jeunes filles de ces milieux équilibrés qui se déguisent en pute pour sortir.
Au lieu de s’en prendre aux médias le Conseil devrait reviser ses stratégies. Les stéréotypes sexuels et sexistes ont des racines profondes et l'environnement social ne changera pas par miracle. C’est la raison pour laquelle le Conseil devrait concentrer ses efforts sur l'éducation. C’est scandaleux que le ministère de l’éducation ait aboli les cours d’éducation sexuelle pour la laisser à tous les profs à leur discrétion. Ça c’est un beau champ de bataille pour le Conseil et tous ceux qui sont préoccupés par la sexualité des jeunes.
Publié par : jacqueso à 11:54:50Permalien
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